L'intelligence animale

Bruner, psychologue américain, considère le langage comme l'outil le plus important dans le développement de l'intelligence. Si l'on se restreint à cette définition, les animaux, qui communiquent autrement que par le langage, ne seraient donc pas intelligents.

Pour Chomsky, linguiste et philosophe américain, le fait de posséder le langage humain n'est pas simplement lié à un degré d'intelligence supérieur. Le langage humain est un type spécifique d'organisation mentale. L'intelligence implique donc essentiellement la saisie de liaisons, de relations et de rapports.


D'ailleurs, selon Piaget, psychologue et biologiste suisse, l'intelligence est plus une conduite adaptative amenant un sujet à résoudre une situation en utilisant des processus qui s'appliquent également à d'autres situations très différentes. Ainsi, la psychologie définit, de manière générale, l'intelligence comme étant la faculté d'adaptation à des situations nouvelles suivant des procédures cognitives. C'est une capacité différentielle. 


Wolfgang Kohler, pionnier en psychologie expérimentale, a montré qu'un chimpanzé pour attraper une banane suspendue au plafond utilise un tabouret et un bâton adapté pour attraper l'objet convoité. Sue Savage-Rumbaugh, primatologue américaine, a appris à un bonobo (Kanzi) à communiquer avec l'homme par l'intermédiaire d'un ordinateur qui symbolise un langage artificiel. Ces expérimentations ainsi que les nombreuses observations faites en milieu naturel prouvent donc que les animaux supérieurs possèdent une forme d'intelligence.

Stanley Coren, psychologue canadien, définit trois types d'intelligence chez le chien:
- l'intelligence instinctive;
- l'intelligence d'adaptation;
- l'intelligence de travail.
En fait, l'intelligence animale se distingue dans l'inter et dans l'intraspécificité. C'est-à-dire qu'il existe des dispositions intellectuelles intrinsèques chez certaines races (comme les chiens de bergers) et qu'il existe des facultés intellectuelles perfectibles chez certains chiens au sein d'une même race (ou plus généralement, chez certains individus au sein d'une même espèce).

Trois facteurs interviennent pour le développement de l'intelligence:
- la maturation neurologique;
- l'exercice et l'expérience acquise;
- les interactions et transmissions sociales.
La notion d'intelligence est fondamentalement liée à la perception et à la mémoire. Elle fait appel à deux mécanismes complémentaires: l'assimilation et l'accomodation.

Ainsi, chez les animaux, l'intelligence peut prendre plusieurs formes. On parle d'intelligences multiples. Dans le cas des abeilles et des insectes sociaux en général (fourmis, guêpes, termites), on parle d'intelligence collective ou d'intelligence "en essaim". Pour d'autres, on parle d'intelligence "machiavélienne". C'est le cas de certains singes capables de manipuler d'autres congénères. C'est aussi vrai chez certains moutons qui dirigent volontairement le troupeau vers des endroits escarpés. Enfin, on parle d'intelligence "culturelle": les chimpanzés de la forêt de Taï en Côte-d'Ivoire utilisent des techniques de chasse individuelles différentes de celles pratiquées habituellement pour la capture de colobes (petits singes arboricoles).

Espace clients